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05.11.2008
202.
Comme on t'apprend à marcher et à prononcer "maman" lorsque t'es nourisson, on t'apprend à lire et à écrire à l'école primaire, puis à compter, à connaître la date de la révolution française. Ca, on te l'apprend. Mais vivre avec les autres, ce qui reste la principale épreuve de ta vie, on te laisse te demerder comme tu peux. Alors oui, tu seras toute ta vie confronté à des gens que tu aimes et d'autres que t'aime pas, mais tu n'as pas à juger; toi, tu avances, point barre. Pour le reste, on verra plus tard.
Et donc ça commence avec des "Il m'a tiré les cheveux" et "Elle c'est ma copine mais l'autre là je l'aime pas, elle est méchante avec moi". C'est encore gentil et simple jusqu'ici, ce ne sont que des enfants après tout. Puis ça sera de pire en pire; plus tu grandis plus les écarts se forment. Certains même s'inversent radicalement, la faute au changement de caractère du passage de l'enfance à l'adolescence. Apparaissent aussi ceux que tu ne connais pas; avant tu te contentais de ne pas les aimer, mais l'age faisant, tu ne les classes plus, ils sont neutres. Mais quoi qu'il arrive, il y aura toujours quelque part ceux que tu aimes, et ceux que tu rejettes.
La quantité de personne que tu rencontres augmente en permanence, de plus en plus de nuances se forment, avec toujours les deux mêmes extrèmes. Là ça va, tu comprends encore, tu peux suivre; ça reste quelque part proche de ce que tu as toujours connu. Mais l'adolescence est à multiples facettes, tu changes en permanences; alors comment avoir toujours des "ceux que tu aimes" et des "ceux que tu aimes pas" quand les gouts, les ambitions et les comportements de tout les personnages ne sont pas stables ? Ca ne tient plus, ça ne peux pas tenir ainsi. Tu peux alors te sentir proche de personnes qui dans deux mois te degouteront; de même que ceux que tu te refusais à fréquenter t'apparaissent très sympathiques tout d'un coup.
A partir de là, tu es perdus. Moi aussi d'ailleurs. Désolée, hein, mais là je ne peux plus rien t'expliquer. Tout ce que je sais, c'est que depuis très longtemps déjà, j'ai mes idéaux et mes gouts. Ils n'ont pas toujours été stables et certains sont plus prononcés que d'autres à certaines périodes, mais ils existent. Mais les "ceux que j'aime" qui les ont partagés dans le passé sont partis voir ailleurs et s'y sont trouvés bien. Et ailleurs c'est les "ceux que j'aime pas". Oui, c'est un joyeux bordel tout ça. Je te souhaite de t'y trouver, chose que je n'ai pas su faire. Mais quoi qu'il arrive, t'en fais pas; ça fait deux ans que je flotte sans trop trouver de cadence dans ce qu'on appelle la "vie sociale", et je pense qu'on peut s'en sortir convenablement à la fin. Si si, j'y crois.

14:27 Publié dans Intermède | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note



Commentaires
Vraiment je n'aurais pas eu l'idée d'épiloguer sur le sujet mais toi tu le fais très bien. Je pense que tu le retraiteras dans quelques (longs) temps en ayant toujours l'impression de flotter bien qu'en ayant appris davantage. Moi j'en suis là mais, si si j'y crois... enfin ? si !
Ecrit par : visiteur | 29.11.2008
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